Le changement climatique constitue aujourd’hui l’un des défis les plus pressants pour l’Afrique, continent à la fois vulnérable et peu responsable des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Malgré sa faible contribution au réchauffement global, l’Afrique subit de manière considérable ses effets. Les conséquences y sont multiples, touchant les écosystèmes, les économies, les sociétés et les systèmes politiques. Cet article propose une analyse claire et structurée des principaux impacts du changement climatique sur le continent africain.
L'augmentation des événements météorologique extrêmes
La hausse des températures et les perturbations du cycle hydrologique ont accentué les phénomènes de sécheresse dans plusieurs régions d’Afrique, notamment au Sahel, en Afrique australe et dans la Corne de l’Afrique. Au Sénégal, par exemple, le nombre de journées très chaudes par an ( + de 35°C) va augmenter. Selon les projections du rapport GIZ, intitulé « Profil de risque climatique: Sénégal » (2022), dans le Nord du pays ou déjà, il y a des journées très chaudes, on pourrait atteindre 336 journées par an/ 365 d’ici 2080. En outre, les nappes phréatiques s’appauvrissent, les cours d’eau s’assèchent périodiquement, et les précipitations deviennent de plus en plus erratiques. Cette situation fragilise l’accès à l’eau potable, l’agriculture pluviale et l’élevage, avec des conséquences directes sur la sécurité alimentaire et sanitaire des populations.
Une insécurité alimentaire aggravée
L’agriculture africaine repose majoritairement sur la pluie et reste très exposée aux aléas climatiques. La modification des saisons agricoles, la dégradation des sols, les inondations et les sécheresses récurrentes ont un impact direct sur les rendements. Cette instabilité accroît l’insécurité alimentaire, en particulier dans les zones rurales, et engendre une pression supplémentaire sur les politiques publiques de soutien aux populations vulnérables.
Les menaces sanitaires
Les changements climatiques favorisent l’expansion de maladies vectorielles comme le paludisme, la dengue ou la fièvre jaune, en élargissant les zones de prolifération des moustiques. De plus, les épisodes de chaleur extrême et les catastrophes naturelles entraînent des pertes en vies humaines, des troubles respiratoires, une malnutrition accrue, ainsi qu’un accès limité aux soins dans les régions les plus affectées.
Une dégradation des écosystèmes
Le changement climatique entraîne des modifications profondes des écosystèmes. Il perturbe les habitudes migratoires, les aires de répartition et les cycles saisonniers de nombreuses espèces terrestres et marines. Certaines plantes envahissantes comme le typha au Sénégal colonisent les cours d’eau, réduisant les surfaces agricoles et piscicoles et menaçant ainsi les équilibres écologiques et les moyens de subsistance locaux.
Des déplacements forcés de population
Le changement climatique est devenu un facteur croissant de migration en Afrique. D’ici 20250, l’Afrique comptera 85 millions de réfugiés climatiques (rapport Banque mondiale, 2022). D’après la définition du Haut Conseil des Nations unis pour les refugiés (HCNU), les refugiés climatiques sont des « personnes déplacées par les catastrophes naturelles et le changement climatique ». Les sécheresses prolongées, les inondations et la baisse des ressources naturelles poussent de nombreuses personnes à quitter leurs régions d’origine. Ces déplacements, souvent internes, créent de nouvelles pressions sur les zones d’accueil et exacerbent les tensions sociales, économiques et parfois ethniques.
Une menace pour la paix et la stabilité
Les impacts environnementaux du changement climatique sont de plus en plus liés à des conflits, notamment autour de l’accès aux terres, à l’eau ou aux pâturages. Dans certaines régions du Sahel, la compétition entre agriculteurs et éleveurs, accentuée par la rareté des ressources, contribue à l’instabilité. L’image illustrative montre un jeune homme de la tribu Nyangatom surveillant un point d’accès à l’eau à la frontière entre l’Ethiopie et le Kenya. Ce site est actuellement le théâtre d’un conflit entre les Nyangatom, la police de frontière kenyane et la tribu Turkana. Le changement climatique, bien qu’il ne soit pas une cause directe des conflits, en amplifie les facteurs, notamment en Afrique où il accentue les tensions liées à l’accès aux ressources dans des contextes déjà fragiles marqués par des inégalités, une gouvernance faible et une cohésion sociale dégradée.
En somme, le changement climatique en Afrique n’est pas une menace abstraite. Il affecte directement les conditions de vie des populations. Pourtant, bien que vulnérable aux conséquences du changement climatique, l’Afrique peut être un territoire de résilience. Cela nécessite d’allier action locale et solidarité internationale, en plaçant les connaissances endogènes, l’innovation, la justice climatique et l’adaptation au cœur des priorités.

Ce blog est très riche et intéressant aussi ,pour mieux information sur les changements climatiques en Afrique
Merci beaucoup Balkissa