Femme et changement climatique

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Le rapport « Perceptions du changement climatique dans les zones côtières au Sénégal” publié par Oxfam (2024) est un document utile pour comprendre les représentations des communautés locales face au changement climatique. En effet, connaître les perceptions des populations participe à augmenter l’efficacité des campagnes de communication sur le changement climatique. Ce document met en évidence un constat majeur : l’adaptation est vécue différemment selon le genre. Les femmes apparaissent vulnérables à cause de leur condition féminine et de leur dépendance aux ressources naturelles dans les activités de commercialisation. Dans le même temps, elles sont très engagées dans les activités de sensibilisation en faveur de l’adaptation et l’atténuation au phénomène climatique. Malheureusement, elles ne participent pas aux activités organisées par les organisations non gouvernementales (séminaires) qui ciblent prioritairement les hommes, lesquels ne jouent pas toujours leur rôle de relais auprès de la communauté. Il apparait alors clairement que le rôle des femmes reste largement ignoré dans les politiques publiques et les mécanismes institutionnels de lutte contre le changement climatique. Je me suis alors rendue compte que la lutte contre le changement climatique pouvait avoir un genre. C’est un paradoxe

De l’utilité de penser la dimension genre dans la lutte contre le changement climatique

Au Sénégal, en milieu rural, les femmes assurent une part essentielle des activités agricoles, de la collecte d’eau, de bois de chauffe. Elles vivent au quotidien les impacts de la dégradation des sols, des pénuries d’eau, de l’érosion côtière ou encore de l’instabilité des saisons. Cette exposition accrue à la crise climatique s’accompagne d’un accès limité aux ressources et aux espaces de décision. Cependant, cette vulnérabilité ne doit pas être réduite à une posture passive car les femmes développent des formes d’adaptation souvent invisibles comme mentionnées dans le rapport. Ces initiatives sont souvent marginalisées et manquent de soutien technique et de ressources financières. Pour qu’elles soient pleinement reconnues et renforcées, il est essentiel de les documenter rigoureusement (la recherche peut aider dans ce cas), de les appuyer concrètement et de leur accorder une véritable légitimité politique. Intégrer les femmes dans les politiques climatiques ne doit pas se limiter à les mentionner, mais implique de placer leurs savoirs, leurs pratiques et leurs engagements au cœur même des stratégies de transition écologique.

En ce sens, la conférence internationale sur l’adaptation au changement climatique pilotée par Femme Adapt Climat  qui s’est tenue le 24 juillet  2024 à Dakar  est une bonne initiative. Ce projet, lancé par Mme Tania Bénédicte M’Baka, présidente du programme #FemmeAdaptClimat et fondatrice de l’ONG Migrations & Climat International, reconnaît la place centrale des femmes dans les processus de gouvernance liés à l’adaptation au changement climatique. L’intégration pleine et entière des femmes dans la lutte contre le changement climatique repose effectivemnet sur une volonté politique claire. Il est nécessaire de garantir leur accès aux financements climatiques, de renforcer leurs capacités, d’adapter les outils de gouvernance à leurs réalités, et de promouvoir leur leadership. Faire des femmes des actrices centrales de la résilience climatique, ce n’est pas uniquement une question de justice. C’est une condition de réussite. Car les transitions écologiques ne se décrètent pas : elles se construisent au plus près des territoires, avec celles et ceux qui les font vivre au quotidien.

Une communication plus inclusive

La réflexion sur le rôle des femmes dans la lutte contre le changement climatique conduit aussi à repenser les formes de communication. Les messages environnementaux sont souvent élaborés dans un langage technique, éloigné des réalités vécues, et diffusés par des canaux peu accessibles aux femmes, notamment dans les zones rurales. Adopter une approche communicationnelle sensible au genre implique de diversifier les canaux, de privilégier les langues locales, de mobiliser les récits oraux, et de faire appel à des figures féminines issues des communautés elles-mêmes. Il s’agit de créer des récits climatiques ancrés, porteurs de sens et de mobilisation collective.

8 réflexions sur “Femme et changement climatique”

  1. Inclure les femmes dans la lutte contre le changement climatique, autour d’une communication adaptées c’est renforcer l’efficacité de nos actions. Merci à Climacom Afrik pour son engagement en faveur d’une communication climatique plus inclusive, ancrée dans les réalités locales et sensibles au genre.

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