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Langages du climat

Ce n’est pas la couche d’ozone qu’il faut combattre mais l’ignorance

Ce mardi 16 septembre marque la Journée mondiale de la couche d’ozone. En parcourant la presse, je suis tombée sur une interview qui m’a interpellée. La personne interrogée, membre d’un ministère pourtant central dans les questions écologiques, affirmait qu’il fallait «lutter contre la couche d’ozone ». J’ai sursauté. Cette phrase, en apparence anodine, traduit en réalité un malaise plus profond : celui d’une parole publique qui s’exprime souvent sans maîtrise des enjeux. Ce lapsus écologique illustre un problème plus large : nos pratiques de communication gouvernementale sur le climat manquent de précision, parfois même de compréhension. La couche d’ozone, une victoire de la coopération internationale Contrairement à ce qu’on entend  et qu’on peut lire parfois, la couche d’ozone n’est pas notre enenemi. Elle protèdge la Terre des rayons ultraviolets nocifs. Dans les années 1980, sa dégradation avait suscité une inquiétude mondiale. La cause identifié était les chlorofluorocarbones (CFC) des réfrigérateurs ou des aérosols présents en grande quantité dans l’atmosphère. Face à cette menance, la communauté internationale a réagi. C’est ainsi qu’en 1987, les Nations Unies ont adopté le Protocole de Montréal, un accord historique visant à éliminer les substances qui détruisent la couche d’ozone. Depuis cette décision historique et grâce à la mobilisation de la communauté internationale, le trou de la couche d’ozone se résorbe.  C’est un traite souvent cité comme le plus efficace de l’histoire environnementale. « Selon un bulletin de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), le trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique était plus petit en 2024 que ces dernières années et il est appelé à disparaître dans les prochaines décennies. La couche d’ozone stratosphérique devrait ainsi retrouver ses valeurs des années 1980 « d’ici au milieu de ce siècle », précise l’organisation, qui loue « une nouvelle scientifique encourageante pour la santé des populations et de la planète ». (wwfdrc.org, 16 septembre 2025). C’est pourquoi chaque 16 septembre, la Journée mondiale de la protection de la couche d’ozone célèbre un succès planétaire, et rappelle qu’il est possible de mener une action collective coordonnée à l’échelle mondiale. Le malaise médiatique : quand parler d’écologie devient approximatif Pour en revenir à mon anecdote. Lire qu’il faudrait « lutter contre la couche d’ozone » m’a rappelé à quel point les mots comptent. Cette erreur n’est pas seulement langagière: elle trahit un déficit de compréhension scientifique. Et, plus grave encore, elle brouille le message public. Quand des personnalités médiatisées s’expriment sans maîtrise du sujet, elles sèment la confusion. Elles détournent l’attention du vrai problème (la lutte contre les gaz à effet de serre) et entretiennent la méfiance envers la parole écologique. Dans un monde d’infobésité, c’est-à-dire saturer par  d’informations, chaque imprécision fragilise la confiance. La communication climatique ne doit pas être improvisée. Les manquements de communication gouvernementale sur le climat Je pense que la crise du climat est aussi une crise de la parole. En Afrique, notamment, on confie trop souvent les micros à des voix non formées, ou mal informées. On pense que « communiquer sur le climat » se résume à répéter ce qu’on a lu, dire des chiffres sans les comprendre.  Alors que sensibiliser sans comprendre, c’est fabriquer du bruit, pas de la conscience. La communication climatique exige une double compétence : comprendre les enjeux scientifiques et savoir les traduire sans les trahir. Ce travail demande de la rigueur, de l’humilité et une véritable responsabilité éthique. Nos autorités, nos médias et nos institutions doivent donc être plus regardants sur les profils habilités à parler du climat. Ce n’est pas un sujet d’opinion, mais de connaissance. Parler juste, c’est déjà agir Pour terminer, je dirai que ce n’est pas à la couche d’ozone qu’il faut « déclarer la guerre », mais à l’ignorance et à la désinformation. Car une parole mal informée peut défaire en quelques phrases ce que des décennies de science ont construit. Chaque 16 septembre, en célébrant la Journée mondiale de la couche d’ozone, souvenons-nous que parler du climat, c’est déjà agir. À condition de le faire avec précision, respect et lucidité. Références Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP). (2024). « La couche d’ozone est en bonne voie et et permettra d’éviter 0,5 °C de réchauffement planétaire ».  Consulté le 16/09/2025 à  https://www.unep.org/fr/actualites-et-recits/communique-de-presse/la-reconstitution-de-la-couche-dozone-est-en-bonne-voie Nations Unies. (2023). Journée mondiale de la protection de la couche d’ozone — 16 septembre. Consulté le 16/09/2025 àhttps://www.un.org/fr/observances/ozone-day Source image article: Couche d’ozone, Shutterstock, 16/09/2025.