Au détour de mes flâneries dans Saint-Louis, mon regard s’est arrêté sur un atelier singulier par les œuvres qui y sont exposées. Je passe la porte d’entrée pour découvrir un univers à part : des figures d’animaux, des silhouettes humaines, des masques, des sculptures réalisées à partir de pédales, guidons, chaînes usées de vélos. En levant le regard, dans le cadre d’une œuvre, on peut lire « Climate strike », littéralement « grève du climat » en anglais. Ces mots résonnent comme une revendication écologique forte. Je suis intriguée. L’atelier semble vide, je cherche à rencontrer le créateur afin d’en savoir plus sur ses créations. Soudain, un jeune homme s’approche et m’indique un homme assis sur le trottoir à quelques mètres de là. Je me présente et il accepte gentiment de m’accorder un entretien. Il s’appelle Meissa Fall, sculpteur et réparateur de vélos, connu sur Instagram sous le nom @africanbikeart.
De la réparation à la création
Originaire de Saint-Louis, Meissa Fall a grandi dans l’atelier de son père, réparateur de vélos et de motos. C’est ainsi qu’ il a appris le métier. Mais avec le temps, les clients se sont faits rares. « Les gens ne revenaient plus une fois leurs vélos réparés », me confie-t-il en souriant. Il poursuit « j’ai commencé alors à m’ennuyer, et j’ai trouvé refuge dans l’art pour m’occuper». Il a commencé à imaginer des formes avec les débris de vélos accumulés. Ce qui n’était qu’un passe-temps est devenu au fil du temps, une passion et le reflet de son engagement écologique. Depuis vingt-cinq ans, Meissa assemble, soude et polit des fragments de métal pour leur offrir une nouvelle existence.
Le recyclage comme acte écologique et poétique
Son travail s’inscrit dans la mouvance du recycl’art, où la récupération est un geste militant. En retravaillant les débris, il interroge notre rapport à l’environnement. « J’aime les arbres, j’aime la nature. Il faut prendre soin de notre environnement », me dit-il simplement. Derrière cette modestie se cache une conscience écologique profonde. La mention Climate Strike sur une oeuvre en est la parfaite illustration : un clin d’oeil aux personnes engagées dans la lutte climatique, notamment à Greta Thunberg (la militante suédoise écologique qui s’est fait connaître en lancement le mouvement « la grève du climat » à l’échelle mondiale en 2019). `
Je suis frappée par l’humilité de l’homme et la force de son message. C’est un activiste discret, un pionnier du recyclage. Les sculptures de Meissa Fall illustre une Afrique créative et consciente des enjeux écologiques. Les morceaux de métal sont un symbole d’engagement. Ses créations symboliques sont une ode à l’espoir, une matérialisation de son engagement. Il nous rappelle une fois de plus que les formes d’engagement sont multiples et que l’art est un puissant vecteur pour attirer l’attention et contribuer à une prise de conscience écologique.












Bravo à cet artiste engagé pour son travail qui allie créativité et conscience écologique !
Son approche artistique du recyclage des débris de vélos illustre parfaitement comment l’art peut servir de puissant vecteur pour sensibiliser à des enjeux écologiques cruciaux.
Merci beaucoup Mamadou d’avoir pris le temps de lire et de laisser un commentaire. Je vous en remercie.
Là où certains politiciens dans le Cadior, philosophe dit-il même si cela ne guérit pas l’incurie, effacent la memoire artistique, leur patrimoine architectural collectif en detruisant l’œuvre du grand Professeur Pape Ibra Tall à la place de France réalisée depuis Plus 40ans.
Merci d’avoir rendu hommage a ce Griot du Metal. Merci d’avoir valoriser les actions de cet artiste écologiste.
Merci beaucoup Birane Top d’avoir pris le temps de lire l’article et de laisser un commentaire. Je partage pleinement votre point de vue. Malheureusement, l’ignorance conduit souvent à des décisions irréversibles. Beaucoup ne comprennent pas, ou ne veulent pas toujours comprendre, le sens des œuvres artistiques (je parle ici des véritables artistes). Je crois profondément en l’art comme levier efficace de communication, en particulier dans nos contextes africains. Nous avons encore trop tendance à sous-estimer nos savoirs endogènes.