Haidar El ALI

el ali haidar

 

Depuis toute petite, j’ai entendu parlé de Haidar El Ali, je le voyais à la télévision. Je savais qu’il était militant pour l’environnement sans savoir exactement ce qu’il faisait. Dans mon pays, le Sénégal, on ne peut pas parler d’écologie sans le citer. C’est une personnalité singulière. Plus tard, quand j’ai développé un fort intérêt pour les questions d’écologie, j’ai mesuré toute la dimension de cet homme engagé qui a dédié sa vie à la préservation de l’environnement.

Né en 1953 à Louga, Haïdar El Ali débute sa carrière comme fabricant de meubles pendant une douzaine d’années avant de se reconvertir en plongeur professionnel. Dans les années 1980, il rejoint l’Oceanium de Dakar où il amorce ses premiers grands combats pour l’environnement. En effet, il crée avec le professeur Jean-Michel Kornprobst, spécialiste en biochimie des organismes marins au Sénégal, l’association « Les gardiens de la mangrove ». Initialement engagés dans la préservation des fonds marins, ils ont développé une multitude d’initiatives pour les protéger, telles que le nettoyage des fonds marins par des plongeurs aguerris, la lutte contre les filets fantômes et la surpêche, ainsi que des campagnes de sensibilisation à l’environnement. En 1984, Ali Haidar deviendra le Directeur de l’Oceanium de Dakar et mettra en place une ONG éponyme pour renforcer son cadre d’actions.

En 2002, il se distingue lors du naufrage du ferry Joola que l’on surnome tristement le « Titanic sénégalais » qui a fait plus de 2 000 victimes. Parmi les premiers sur place, il filme, commente et contribue à l’évacuation de 500 corps, un acte qui lui vaut d’être nommé « homme de l’année » par la Radio-Télévision sénégalaise (RTS). L’année suivante, il participe à la création de l’Aire marine protégée de Bamboung, couvrant 7 000 hectares. La pêche y est interdite, les villageois luttent désormais contre le braconnage et tirent des revenus de l’écotourisme.

Dès 2009, Haïdar El Ali a initié une dynamique en Casamance qui a permis la replantation de 39 millions de palétuviers, dans le cadre d’un ambitieux objectif de replanter 100 millions d’arbres. Au Sénégal, près d’un quart des mangroves originelles aurait disparu entre 1980 et 2010. La mangrove est une forêt qui se développe à l’interface entre la terre et la mer, dans les régions tropicales et subtropicales. Elle est essentiellement constituée de palétuviers. Les mangroves sont des filtres naturels pour capter les polluants de l’eau et le CO2. Elles servent de remparts contre les tempêtes et les tsunamis, ce sont également des sites de reproduction pour de nombreux animaux. Sans oublier que c’est un vivier de ressources halieutiques particulièrement les poissons et les crustacés qui sont d’un grand intérêt économique pour les populations locales. On comprend mieux alors les enjeux du reboisement des palétuviers. Ainsi, des milliers d’hommes et de femmes se mobilisent depuis près de 20 ans sous la direction de l’ONG Oceanium pour restaurer cet écosystème vital. Les résultats sont impressionnants: plus de 100 millions de graines de palétuviers ont été plantées à la main, couvrant ainsi plus de 15 000 hectares.

Haidar El Ali a occupé des postes à responsabilités dans les plus hautes sphères de l’Etat. Il a ainsi su combiner son activisme environnemental avec un engagement politique fort. En 2012, il est nommé ministre de l’Écologie et de la Protection de la nature, avant de prendre la tête du ministère de la Pêche et des Affaires maritimes en 2013. À ce poste, il dénonce la surpêche et s’attaque aux flottes étrangères qui pillent les ressources halieutiques du Sénégal et fait une sortie remarquée contre le bateau russe Oleg Naydanov. Celui-ci avait été arrêté sur les côtes sénégalaises pour pêche illégale. En 2019, il est nommé Directeur de l’Agence Sénégalaise de la reforestation de la Grande Muraille Verte par le président Macky Sall.

Reconnu à l’échelle internationale, Haïdar El Ali a été désigné en 2020 par le journal Le Monde comme l’un des cent écologistes les plus influents de la planète. Au Sénégal, on ne le présente plus notamment dans le Sud (en Casamance) où l’on le surnomme affectueusement en diola (une lange locale), « Sembé », la force, ou « Adiakene Etame », l’homme qui enrichit la terre.

Reconnu à l’échelle internationale, Haïdar El Ali a été désigné en 2020 par le journal Le Monde comme l’un des cent écologistes les plus influents de la planète. Au Sénégal, on ne le présente plus notamment dans le Sud (en Casamance) où l’on le surnomme affectueusement en diola (une lange locale), « Sembé », la force, ou « Adiakene Etame », l’homme qui enrichit la terre.

Haidar El Ali est une figure incontournable de l’écologie africaine et dans le monde, il a reçu plusieurs distinctions nationales et internationales pour saluer son oeuvre: Chevalier (1995), puis officier (2002) de l’Ordre national du Lion du Sénégal; Chevalier (1998), puis officier (2013) de l’Ordre national du Mérite de France; Médaille d’honneur de la gendarmerie sénégalaise (2002); Officier de l’ordre national de la Légion d’honneur de France (2013).


Références

France info. (2020, 20 janvier). Qui est Haïdar El Ali, l’un des écologistes les plus influents du continent africain ? https://www.francetvinfo.fr
Zoo Parc Beauval. (2024, 25 octobre). Haïdar, l’homme qui plante des arbres. https://actus.zoobeauval.com
Mattéo Maillard. (2019, 30 décembre). Haïdar El Ali, « l’homme qui enrichit la terre » du Sénégal. https://www.lemonde.fr
Moctar Ficou (2024, 24 avril). Pour El Ali Haïdar, l’arboriculture est un facteur d’autosuffisance alimentaire au Sénégal. https://www.vivafrik.com
Wikipédia. Haïdar El Ali. https://fr.wikipedia.org


Pour approfondir

Haidar el Ali, 2010, Itinéraire d’un écologique au Sénégal. Editions Terre Vivante.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut